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Tensions sur les œufs : comment y remédier ?

L'interprofession rappelle qu'il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage.

La Coordination rurale a appelé jeudi 15 janvier 2026 à un « retour » des poules en cages pour augmenter la production d’œufs, une idée rejetée par l’interprofession, qui répète qu’il n’y a « pas de pénurie d’œufs » mais seulement des tensions d’approvisionnement.

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Les rayons des œufs clairsemés dans les supermarchés n’en finissent plus de faire parler d’eux, chacun y allant de son remède miracle. Le dernier en date vient du syndicat agricole classé le plus à droite, la Coordination rurale, et sans surprise, il est radical. « La pénurie actuelle s’explique par des facteurs structurels et économiques. L’arrêt progressif des cages fragilise l’outil de production et impose des investissements lourds. Dans ce contexte, la Coordination rurale demande un retour aux cages », a argumenté jeudi le deuxième syndicat agricole dans un communiqué diffusé le jeudi 15 janvier 2026.

Une position qui a fait bondir le président de l’interprofession (CNPO) Yves-Marie Baudet : « On a tracé une trajectoire visant 90 % de production alternative en 2030, on s’y tiendra, il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage, c’est le sens de l’histoire, le citoyen le demande. On a un plan de filière : créer 300 bâtiments d’ici à 2030, soit en poules bio, soit en plein air, soit au sol, on s’y tiendra », a-t-il déclaré à l’AFP appelant les syndicats à « la mesure ».

Producteurs, industriels et distributeurs français se sont pour la plupart engagés à sortir du modèle de poules en cages, et une initiative a même été portée auprès de la Commission européenne pour les interdire.

Une simplification des contrôles attendue sur la salmonelle

Pour la Coordination rurale, profondément opposée aux normes trop contraignantes selon elle et dont la direction élue en novembre ne cache pas être anti-écologiste, les « pénuries » sont aussi liées aux problèmes sanitaires comme la salmonelle et la grippe aviaire — qui n’a pourtant pas touché plus qu’une poignée d’élevage de poules ces deux dernières années.

Sur la salmonelle, l’interprofession dit travailler avec le gouvernement à « une simplification sur les contrôles » : « le plan sortira à la fin de février », avec l’objectif de « maintenir la sécurité sanitaire des produits ».

« Nous ne sommes pas en pénurie », a martelé Yves-Marie Baudet. « Nous sommes en tension, depuis le printemps dernier et particulièrement ces trois derniers mois. La demande va bientôt baisser un peu et, d’ici à juin 2026, les premiers effets de notre plan de filière » se feront sentir avec la mise en service de nouveaux poulaillers.

« Grand ménage »

Mais la hausse de la consommation est, elle, tendancielle, le produit étant plébiscité pour son faible coût et ses qualités nutritionnelles, et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appuyé mercredi 14 janvier sur X le plan de construire 300 poulaillers d’ici à 2030.

« Aujourd’hui la procédure d’installation d’un poulailler est la même que la procédure d’installation d’une centrale thermique », a-t-elle déclaré promettant un « grand ménage de la réglementation », dénoncée par la Coordination rurale.

Les poulaillers sont soumis au régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) mais les études environnementales et les seuils d’autorisation diffèrent entre les élevages et les bâtiments industriels ou de production d’énergie.

Le gouvernement prévoit de sortir l’élevage du régime ICPE dans le cadre d’un projet de loi d’adaptation du droit européen qui sera examiné au Parlement en février. Un décret d’application de la loi Duplomb pour relever d’ici à la fin de 2026 les seuils d’autorisation environnementale pour les élevages avicoles et porcins doit également paraître d’ici à la fin de janvier.

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